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Quelques heures d'une paix miraculeuse.
D'une ville nue et silencieuse...
aussi nue et morte que pourrait l'être
une espèce de corps immense,
allongé sur la table d'autopsie
d'une unité de police scientifique.
A partir de sept heures,
et pendant à peu près
une vingtaine de minutes,
deux hélicoptères de la Gendarmerie
s'étaient mis à tourner
au dessus du vieux centre
pour s'assurer de l'évacuation.
Leur vol presque stationnaire
juste au dessus des toits.
Et ce battement lent des rotors
qui brassait le vide de l'été
dans le ciel parfaitement bleu et lisse.
Je veux dire,
tout s'était d'un seul coup
mis à trembler dans la maison.
L'air chaud. Les vitres des fenêtres.
Et les verres sur la table.
C'est une bombe de la guerre
qu'ils ont trouvé en haut de la rue,
une bombe américaine de 500 kg
en dessous de ce qui était
le garage Crétin,
qui n'est plus qu'un grand trou,
et qui fera bientôt place
à des immeubles.
Les sirènes de l'église qui gueulaient...
et les annonces faites par haut-parleurs
toutes les dix minutes...
AVANT DE QUITTER VOTRE DOMICILE ASSUREZ-VOUS DE LA FERMETURE DU GAZ ET DES VOLETS
ET DE L'OUVERTURE DES FENETRES
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